Les lignes de traîne sont à l'eau, une de chaque côté, et notre premier poisson (un thon) est amené à bord quatre jours après le départ. Françoise le prépare à la mode polynésienne, sans cuisson : un filet est découpé en morceaux de la dimension du pouce, placé dans un saladier avec de l'oignon haché menu, saupoudré d'un peu de sel et arrosé d'un jus de citron (cinq à six citrons pour environ un demi-kilo de poisson). Le tout est laissé une à deux heures à mariner, cela dépend des goûts. C'est absolument délicieux, mangé avec du riz, des pommes de terre ou du pain, et la plupart des Européens vivant en Polynésie apprécient le poisson préparé de cette manière, c'est-à-dire cru, mais pourtant cuit par le jus de citron.
Bernard Moitessier, Cap Horn à la voile, 14000 milles sans escale, Arthaud (1966)
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